Exposition 1ère spécialité arts plastiques
Exposition des élèves de 1ère enseignement de spécialité arts plastiques (et leurs invités), Lycée Auguste et Louis Lumière, Lyon 8. Du samedi 7 mars au mercredi 18 mars, finissage le
jeudi 19 mars entre 18h et 20h.
« Quelque chose se met en place dans l'espace collectif où se joue en même temps la communauté du spectacle et la solitude de la vision. »
L'expression « Faire écran » qui a été proposée aux élèves et qui donne son titre à l'exposition est polyvoque : elle suggère une monstration (AFFICHER, DIFFUSER, PROJETER).
Elle peut également évoquer l'inverse : DISSIMULER, FILTRER, INSTRUMENTALISER. Enfin, elle peut prendre une acception plus engagée dans le fait de S'INTERPOSER, RÉSISTER,
FAIRE OBSTACLE.
C'est autour de cette ambivalence, entre visibilité et occultation, que les élèves de Première enseignement de spécialité Arts Plastiques du lycée Auguste et Louis Lumière ont créé une
œuvre collective.
Après un temps de recherches individuelles consacré aux rapports entre les technologies et la société, des écrans de téléphones cassés ont été distribués : à la fois sujet d'étude, modèle ou référent, support et matériau de création. Il s'agissait de faire de ce rebut technologique un élément artistique et, ainsi, d'en interroger la valeur.
L'exposition accorde une place importante à la gravure, technique abordée cette année pour la première fois par la plupart des élèves. Le choix n'est pas anodin : la gravure est historiquement le premier dispositif de diffusion reproductible de l'image. Elle est un art du multiple et consiste à inciser une matrice pour en tirer des épreuves, des traces, des empreintes. Ces notions entrent en résonance avec le sujet : comment une surface devient-
elle porteuse d'images, et que nous dit-elle en les délivrant ?
Ce travail s'inscrit dans une réflexion sur l'ère Anthropocène : période où les activités humaines sont devenues la principale force de transformation, voire de destruction, de la planète. Dans ce contexte, les élèves ont pu s'interroger sur le rôle de l'artiste face aux bouleversements que nous produisons et que nous subissons. Le sujet a permis d'aborder des enjeux écologiques, mais aussi économiques, politiques et identitaires : l'art a été
considéré comme un espace d'engagement.
L'exposition met en regard l'œuvre collective avec d'autres réalisations d'élèves de différents niveaux, jusqu'au post-Bac, marquant ainsi une continuité et un approfondissement progressif des apprentissages. L'artiste professionnel Mathieu Le Breton est également invité, offrant aux élèves un prolongement de la réflexion au contact direct de la création contemporaine.
À partir d'écrans de portables, symboles de nos solitudes ultra-connectées, l'œuvre collective et son exposition ont pour vocation de créer du lien parce que l'image n'est pas un espéranto accessible à tous. Elle s'apprend, se construit, se partage.
Citations extraites de Marie-José Mondzain,
Apprendre à voir (les écrans), Vademecum Histoire des arts, INHA,
2024 — inha.fr